mercredi 4 juin 2014

3) Ecrivez un texte à partir d'une image et d'un mot tirés au sort, en commençant par la phrase :

"Je ne sais pas très bien par où commencer."
(Première phrase du roman Les Âmes grises de Philippe Claudel)


Le mot était "voix"

Je ne sais pas très bien par où commencer. Préparer un dîner pour huit personnes n'est pas chose facile, surtout lorsqu'on convie des invités aussi prestigieux que la Duchesse de la Meringue au Sucre, le Comte de la Corde à Sauter, et même, chose exceptionnelle, le Prince de la Poupée qui Tousse ! 
Je décide de démarrer la cuisson des oeufs, en laissant la coquille, pour apporter du croustillant. Ensuite, je mélange les tomates, le céleri, la confiture de fraise, le boeuf haché, les éclats d'amande caramélisés. Je verse le tout dans un moule et je le mets à cuire à une température de cent soixante kilomètres heures. 
Tout à coup, j'entends la voix de Maman qui m'appelle : c'est l'heure de mon bain, je dois ranger ma dinette. 



dimanche 1 juin 2014

2) Remplissez une malle amnésique d'un souvenir.

Dans la malle, une quantité invraisemblable de peluches. Oursons râpés, lapins élimés, renards borgnes, de ceux qui hantent les vide-greniers. Un seul retient mon attention, c'est Martin.
Il a mon âge et il sent la poussière. Il fait toujours la tête, le museau reposant en permanence sur sa grosse bedaine. Une fois, maman avait arrangé ça, avec du fil et une aiguille, chirurgie de pointe pour l'équiper d'une prothèse cervicale.
Après un temps, j'avais tout retiré. Martin fait toujours la tête, et ne la relève que lorsqu'on le prend dans ses bras.

Atelier d'écriture organisé au château de Meung-sur-Loire par l'association L!bre de mots

samedi 31 mai 2014

1) Racontez votre angoisse du jour

Demain je participe à un atelier d'écriture.

Je m'y suis inscrite très vite, il y a deux semaines, hop Google, hop la rubrique contact, l'email, la réponse, et hop le chèque de réservation dans la boîte aux lettres. Heureusement que j'ai fait ça sans réfléchir. Si j'avais attendu ne serait-ce qu'une journée, la ligne "s'inscrire à un atelier d'écriture" se serait ajoutée à la liste des projets en cours (d'avortement). 

Château de Meung-sur-Loire, 45
Il y a deux semaines, j'ai en effet été mise face à la réalité : je vis comme une mémé. Amoureuse de ma routine, la plus cyclique possible - des séries sans fin, du coloriage sans but, un travail à recommencer tous les ans - , prenant bien soin de ne pas me lancer dans des projets qui me feraient trop plaisir. Mais même si je suis passée par d'innombrables passions que j'ai toujours fini par laisser de côté, "écrire" est un mot qui a toujours été là. Accompagné de honte, bien sûr, honte de n'avoir jamais rien fait d'abouti, honte de n'avoir jamais participé (gagné) à un concours de nouvelles, honte de ne pas écrire. Et pourtant, il y a deux semaines, entre deux pages Google, j'ai branché mon disque dur externe, à la recherche d'un texte bien précis que je savais traîner quelque part. Je suis tombée sur un dossier "écriture", et, alors que je m'attendais à y trouver trois fichers Word perdus, c'est bien une trentaine de titres en ".doc" que je me suis amusée à consulter. La plupart du temps, je n'y comprenais rien, mon écriture est souvent psychanalytique, presque une vomissure de l'inconscient. Mais enfin, ils étaient là. 

L'atelier d'écriture, pour l'instant, c'est pour me faire violence, me forcer à écrire autrement qu'en dégueulant sans y mettre les formes. Je sais que ce ne sera pas plaisant. Que je vais grimacer plus d'une fois lorsqu'il faudra écrire une histoire à partir de la première phrase du dernier roman d'un jeune auteur dont je me contrefous, où bâtir un poème avec les mots "jetée", "embellir", "foulard" et "grâce". 

Cela me fait penser à mon inscription à la zumba. Je savais que j'allais devenir rouge tomate dès l'échauffement, que je ne tiendrais sans doute pas toute l'heure, que je ne pourrais pas faire tous les mouvements. Mais j'y suis allée. Pour prendre ce que j'avais à y prendre. Et je n'ai pas regretté.