samedi 31 mai 2014

1) Racontez votre angoisse du jour

Demain je participe à un atelier d'écriture.

Je m'y suis inscrite très vite, il y a deux semaines, hop Google, hop la rubrique contact, l'email, la réponse, et hop le chèque de réservation dans la boîte aux lettres. Heureusement que j'ai fait ça sans réfléchir. Si j'avais attendu ne serait-ce qu'une journée, la ligne "s'inscrire à un atelier d'écriture" se serait ajoutée à la liste des projets en cours (d'avortement). 

Château de Meung-sur-Loire, 45
Il y a deux semaines, j'ai en effet été mise face à la réalité : je vis comme une mémé. Amoureuse de ma routine, la plus cyclique possible - des séries sans fin, du coloriage sans but, un travail à recommencer tous les ans - , prenant bien soin de ne pas me lancer dans des projets qui me feraient trop plaisir. Mais même si je suis passée par d'innombrables passions que j'ai toujours fini par laisser de côté, "écrire" est un mot qui a toujours été là. Accompagné de honte, bien sûr, honte de n'avoir jamais rien fait d'abouti, honte de n'avoir jamais participé (gagné) à un concours de nouvelles, honte de ne pas écrire. Et pourtant, il y a deux semaines, entre deux pages Google, j'ai branché mon disque dur externe, à la recherche d'un texte bien précis que je savais traîner quelque part. Je suis tombée sur un dossier "écriture", et, alors que je m'attendais à y trouver trois fichers Word perdus, c'est bien une trentaine de titres en ".doc" que je me suis amusée à consulter. La plupart du temps, je n'y comprenais rien, mon écriture est souvent psychanalytique, presque une vomissure de l'inconscient. Mais enfin, ils étaient là. 

L'atelier d'écriture, pour l'instant, c'est pour me faire violence, me forcer à écrire autrement qu'en dégueulant sans y mettre les formes. Je sais que ce ne sera pas plaisant. Que je vais grimacer plus d'une fois lorsqu'il faudra écrire une histoire à partir de la première phrase du dernier roman d'un jeune auteur dont je me contrefous, où bâtir un poème avec les mots "jetée", "embellir", "foulard" et "grâce". 

Cela me fait penser à mon inscription à la zumba. Je savais que j'allais devenir rouge tomate dès l'échauffement, que je ne tiendrais sans doute pas toute l'heure, que je ne pourrais pas faire tous les mouvements. Mais j'y suis allée. Pour prendre ce que j'avais à y prendre. Et je n'ai pas regretté.